La Swiss Osteopathy Science Foundation publie son premier rapport sur la place de l’ostéopathie dans notre système de santé

Une enquête inédite et de grande envergure sur le rôle et la place de l'ostéopathie au sein de la population en Suisse a été mandatée par Swiss Osteopathy Science Foundation. 6,8 % de la population, respectivement 550'000 habitants, consultent annuellement un ostéopathe. Cela représente près de 1,7 million de consultations. L'adoption de la nouvelle loi sur les professions de la santé (LPSan) renforce l'importance et la reconnaissance de cette profession de premier recours. Dorénavant, le titre d'ostéopathe s'acquiert à l'issue d'une formation HES d'une durée de 5 ans d'étude couronnée par l'obtention d'un Master of Science. Ces exigences participent à garantir toujours plus la sécurité du patient et la qualité des soins.

      Après avoir contribué à la mise sur pied de la filière ostéopathie dans le cadre des HES, la Swiss Osteopathy Science Foundation a mandaté la Haute école de santé Fribourg (HEdS-FR) pour une étude inédite sur la place de l’ostéopathie en Suisse. Cette étude illustre la maturité de la profession pour décrire, comprendre et rebondir sur le rôle de l’ostéopathie dans le système de santé en Suisse.

      Les premiers chiffres démontrent à quel point il y a lieu de traiter cette profession de santé à part entière. Avec ce droit de premier recours, l'ostéopathe pose un véritable diagnostic sur l'appareil locomoteur. Aussi et pour répondre à ces exigences, il est nécessaire d'être en possession d'un Master conformément à la nouvelle LPSan. Cette formation est assurée par la Haute école de santé Fribourg. L'étude révèlent notamment que les principales causes de consultations ont pour origine les douleurs musculo- squelettiques, majoritairement à la colonne vertébrale. 76 % des patients se sont rendus directement chez l'ostéopathe, alors que 18 % ont été référés par un autre professionnel de la santé.

      Par conséquent, l’ostéopathie assume entièrement sa nouvelle position de profession de santé habilitée à traiter en premier recours les troubles musculo-squelettiques dont les plaintes représentent environ 15% de la charge de travail des médecins généralistes et des centres ambulatoires.

      Forte de ses 880 membres, la Fédération Suisse des Ostéopathes (FSO-SVO) salue, par le biais cette étude, la valorisation de la profession tout en observant un risque de pénurie d’ostéopathes, surtout en Suisse alémanique, où la demande est toujours plus forte. Entre la Swiss Osteopathy Science Foundation, la Fédération Suisse des Ostéopathes et la Haute école de santé Fribourg, des collaborations sont institutionnalisés afin d'amener une cohésion entre la pratique de la discipline, les besoins des patients et l'évolution de la recherche. Reformulés dans le cadre de la formation continue, ces axes participent toujours plus à garantir la sécurité du patient et la qualité des soins.


      Contacts

      Dossier presse – Interventions

      1. Communiqué de presse

      2. Intervention de la Swiss Osteopathy Science Foundation Mme Cécile Tenot, Membre

      3. Intervention de la Fédération Suisse des ostéopathes (FSO-SVO) M. Sebastian Byrde, Président

      4. Intervention de la Haute école de santé Fribourg (HEdS-FR) Prof. Paul Vaucher, investigateur principal de l’étude


      Intervention de Mme Cécile TENOT
      Membre de la Swiss Osteopathy Science Foundation

      Chères et chers représentantes et représentants des médias,

      Après avoir contribué à la mise sur pied de la filière ostéopathie dans le cadre des HES, la Swiss Osteopathy Science Foundation (appelée jusqu’en 2016 Fondation Suisse pour la Formation et la Recherche en Ostéopathie) s’applique à encourager le développement de la recherche en ostéopathie pour une meilleure intégration et défense de la profession d’ostéopathe dans le système de santé suisse, maintenant qu’elle est reconnue par la loi comme profession de santé de premier recours (LPSan 2016).


      Objectifs de la Swiss Osteopathy Science Foundation

      La Swiss Osteopathy Science Foundation espère que ce soutien à la recherche permettra la réalisation de trois objectifs cardinaux:

      1. renforcer l’assise scientifique des hypothèses de travail qui servent de base à la pratique de l’ostéopathie,

      2. mieux cerner les besoins de nos patients,

      3. mieux cibler notre apport spécifique dans un système de soins qui cherche à répondre de manière efficace au défi lancé par la prise en charge des problématiques dites fonctionnelles.

      Enquête « Swiss Osteo Survey »

      Comme première étape, la Swiss Osteopathy Science Foundation a commandé auprès de la Haute école de santé Fribourg, ce qu’on pourrait appeler un état des lieux de la pratique de l’ostéopathie en Suisse par le biais d’une enquête baptisée « Swiss Osteo Survey ». Les données recueillies vont nous aider non seulement à définir notre profession, à identifier les priorités de formation, à formuler les standards de qualité des traitements, mais aussi à fournir des données fiables aux parties prenantes afin d’établir les politiques et stratégies futures.

      Je vous remercie de votre attention.

      Pour tout renseignement complémentaire
      Mme Cécile Tenot
      cecile_tenot@yahoo.fr


      Intervention de M Sébastian BYRDE
      Président de la Fédération Suisse des Ostéopathes (FSO-SVO)

      Chères et chers représentantes et représentants des médias,

      Nouvelle loi sur les professions de la santé (LPSan)

      Avec la nouvelle loi fédérale sur les professions de la santé (LPSan) adoptée par le Parlement le 30 juin 2016, la consultation sur les ordonnances devrait avoir lieu en automne 2018. Un signal fort a donc été donné par l'Assemblée fédérale pour reconnaître l'ostéopathie comme étant une profession de premier recours. Dorénavant, le titre d'ostéopathe s'acquiert à l'issue d'une formation d’une durée de 5 ans au sein d'une haute école spécialisée suisse concrétisée par un Master. Les premières volées sortiront de la Haute Ecole de Santé de Fribourg (HEdS-FR) durant les années 2021/2022.

      Notion de l'ostéopathie

      L'ostéopathie reste une discipline fondamentale dans le système de santé actuel et pourra répondre aux multiples enjeux de l'évolution des besoins de la population. L'ostéopathie représente une méthode d’examen et de traitement manuelle de l’appareil moteur, des organes et des tissus dans l’organisme. L’ostéopathie se concentre sur l'intégralité de la structure corporelle et s'intéresse également au style de vie, aux habitudes et l'état global du patient. L'ostéopathie représente une médecine complémentaire qui interagit de plus en plus avec le médecin, lors du suivi d'un patient (nourrissons, personnes âgées, sportifs, enfants, femmes enceintes, personnes accidentées, etc.). A l'heure actuelle, Il est indispensable de différencier cette discipline des autres professions de la médecine complémentaire (homéopathie, phytothérapie, acupuncture, massages médicaux, kinésiologie, etc.) dont il est trop souvent fait un amalgame dans les conditions générales des assureurs maladie.

      Sécurité du patient et qualité des soins

      La Fédération Suisse des Ostéopathes (FSO-SVO) compte en Suisse plus de 880 ostéopathes reconnus par une autorisation de pratique dans les différents cantons. Chaque membre FSO-SVO doit garantir une formation continue de 30 heures par années. Il est un des acteurs en première ligne pour les troubles fonctionnels de l’appareil locomoteur et il n’hésitera pas à adresser le patient auprès d'un médecin spécialiste ou généraliste en cas de besoin. La FSO-SVO poursuit donc un objectif de qualité des soins et de sécurité du patient. Pour ce faire, elle tisse des liens réguliers avec la Haute Ecole de Santé de Fribourg et la Swiss Osteopathy Science Foundation pour amener une cohésion entre la pratique de la discipline, les besoins des patients et l'évolution de la recherche voire des formations.

      Helsana-Visana

      Dans ce contexte de reconnaissance et d’exigences singulières liées à la profession, relevées à juste titre par cette étude, l’actualité incite la FSO-SVO à livrer plusieurs combats.

      • Certains assureurs (spécifiquement Helsana / Visana) biffent de leur liste des thérapeutes des ostéopathes de qualité, reconnus et formés au motif que leurs structures de coûts dépassent la moyenne des coûts des autres professions de médecine complémentaire. Cette pratique cavalière prend littéralement en otage le patient, respectivement l’assuré qui se voit refuser catégoriquement le remboursement de sa consultation d’ostéopathe. Qui plus est, il y a lieu de préciser que dans le cadre de l’assurance complémentaire privée, il n’existe aucun lien contractuel entre l’assureur et le thérapeute, ce qui déplace à plus forte raison l’impact négatif des telles pratiques sur le patient/assuré. Une forte alliance avec la Fédération Suisse des Patient dénonce par ailleurs cette pratique arrogante et cette atteinte inacceptable au libre choix du thérapeute.

      • S'agissant de la reconnaissance des diplômes étrangers, la FSO a déposé ses revendications auprès du Secrétariat d'Etat à la formation, à la recherche et à l'innovation (SEFRI) en soulignant que le niveau Master délivré par une HES Suisse reste une équivalence indiscutable à préserver. Il s’agit de garantir à tout prix la qualité des soins et la sécurité du patient dans une profession où fleurissent de multiples formations sur internet et à l’étranger.

      Conclusions

      La FSO-SVO a soutenu cette étude de la Swiss Osteopathy Science Foundation puisqu’elle permettra de mieux comprendre la place de l'ostéopathie dans le système de santé actuel.

      Je vous remercie de votre attention.

      Pour tout renseignement complémentaire

      M. Sébastien Byrde, Président de la FSO-SVO - sbyrde@hotmail.com
      M. Frédéric Abbet, Secrétaire général - fabbet@centrepatronal.ch
      M. Christian Streit, Secrétaire général adjoint (D-CH) - chstreit@centrepatronal.ch


      Intervention de Paul VAUCHER, PhD,
      Professeur spécialisé, Haute école de santé Fribourg

      Etude des pratiques et des contributions de l'ostéopathie
      dans le système de santé suisse 2016-2017

      Chères et chers représentantes et représentants des médias,

      La Swiss Osteopathy Science Foundation

      La Swiss Osteopathy Science Foundation a été lancée en 2018 pour encourager et financer le développement des carrières académiques et de la recherche en ostéopathie.

      Contexte de l'étude

      Avec l'adoption de la nouvelle loi sur les professions de la Santé en juin 2016 (LPSan), l'ostéopathie est reconnue comme étant une profession de premier recours. Les ostéopathes sont habilités à investiguer et détecter les pathologies, à gérer et prodiguer des traitements et si nécessaire à référer les patients auprès d'autres spécialistes.

      Avec plus de 1’200 ostéopathes en Suisse qui fournissent environ 1’700’000 consultations par année à la population, la profession reste peu connue, les amalgames avec d'autres professionnels de la santé sont courants et leur rôle au sein du système de santé reste à définir. Un constat s’impose très vite, nous disposons de peu d’informations sur l’importance de la contribution de l’ostéopathie dans notre système de santé.

      L’Unité de recherche en Soins en Mobilité de la Haute école de santé Fribourg a été mandatée par la Swiss Osteopathy Science Foundation pour mener cette recherche : une enquête inédite et de grande envergure sur les soins prodigués par les ostéopathes à la population suisse.

      Objectifs

      Le but de cette étude est de décrire l’activité des ostéopathes en suisse, l’étendue de leur pratique et le profil de leurs patients afin de mieux comprendre le rôle de cette nouvelle profession dans le système de santé. Cette étude fournit des données solides permettant de décrire la profession, de formuler des objectifs d’enseignement, de planifier les formations continues, d’identifier les priorités de recherche et d’aider les autorités à prendre des décisions concernant la profession.

      Méthodes

      Tous les ostéopathes enregistrés auprès du registre national des professions de la santé (NAREG) ont été sollicités pour répondre au sondage. Les ostéopathes ont également été amenés à décrire leur profil, celui de leur environnement de travail et celui de leur patient (au minimum 4 patients choisis aléatoirement sur l’année 2016).

      Importance et impacte

      Par ce projet, tous les acteurs souhaitent stimuler la culture de recherche au sein de la profession ostéopathique en Suisse. Les informations collectées permettront de définir les priorités de recherche nationales dans une stratégie internationale plus large. L’étude permet de mieux décrire la profession auprès des autres professions de santé et auprès du public. Elle donnera l’opportunité de reconnaître la place de l’ostéopathie en temps que fournisseur de soins de première intention.

      Principaux résultats

      Avec un taux de réponse très satisfaisant de 44,5 %, cette étude représentative permet de décrire les prises en charge de 1144 patients et de 3449 consultations.

      Globalement les ostéopathes ont contribué à la santé de la population en fournissant environ 1'700'000 consultations à 550'000 personnes. Les coûts globaux des consultations avoisinent CHF 200 millions.

      • 6,8 % de la population consulte un ostéopathe et les coûts de ces consultations représentent 2 % des dépenses pour les pathologies musculo-squelettiques.

      • La moitié des ostéopathes travaille en cabinet, seuls, de manière indépendante, alors qu'ils ne sont que 1,5 % à œuvrer au sein d'une structure hospitalière.

      • La durée moyenne d'une consultation est de 45 minutes. Un ostéopathe reçoit en moyenne 36 patients par semaine.

      • En général, le patient s'attend à deux consultations en moyenne.

      • Les principales causes de consultations relèvent de douleurs d'origine musculo-squelettiques 81 % dont le 66 % des douleurs reste ciblé sur la colonne vertébrale.

      • 76 % des patients se sont rendus directement chez l'ostéopathe, alors que 18 % ont été référés par un autre professionnel de la santé.

      • Les traitements manuels les plus fréquemment utilisés étaient ceux sur les tissus moux et des techniques articulaires (75 % des patients).

      • Les techniques avec impulsion étaient utilisées chez 45 % des patients.

      • Les autres formes de traitements prodigués comprenaient les exercices (34,2 %), la gestion du mode de vie et le soutien psychologique (35,5 %) et les thérapies alternatives (3,9 %).

      • Enfin et s’agissant de la densité, l’étude relève une densité moyenne de 16,2 ostéopathes pour 100'000 habitants, avec une nette différence de densité entre la Suisse romande (33,2) et la Suisse alémanique (8,9).

      Conclusions

      Au vu du nombre de consultations effectuées auprès de la population suisse, l'ostéopathie fait l'objet d'une réelle demande de la part de la population. Cette profession émergeante dispose de tous les atouts pour jouer un rôle important dans les traitements de premiers recours. Si la moitié des ostéopathes travaille de manière indépendante, il y a lieu de renforcer leurs liens avec les structures hospitalières, les institutions médico-sociales et les médecins pour ce qui est de la chaîne thérapeutique du patient. Une prochaine étude sur le patient et les bénéfices de l’ostéopathie est d’ailleurs projetée.

      Je vous remercie pour votre attention.

      Pour toute information complémentaire

      M. Paul Vaucher, PhD, professeur spécialisé
      Haute école de santé Fribourg
      Courriel : paul.vaucher@hes-so.ch

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      Secrétariat général